L'ADDITION

un film de Faustine Masingarbe
1er assistant mise en scène
chef opérateur
ingénieur du son
régisseur général
chef décorateur
responsable HMC

Profitant de l’absence de sa famille, un quadragénaire invite une adolescente au restaurant. Il instaure rapidement un jeu de séduction dans lequel la jeune fille va, au fil des plats, prendre l’ascendant. Piégé, le père de famille va devoir faire face à lui même.

REFERENCES CINEMATOGRAPHIQUES

NOTE D'INTENTION

En tant qu’étudiante en production - assistanat réalisation en dernière année à l’école Factory, je souhaite me prêter à l’exercice de la réalisation pour mon projet de fin d’études, dans le but de mettre à profit toutes mes expériences et compétences acquises lors de mon cursus sur divers postes.

Ce souhait a été motivé par les nombreux échanges, conseils et partages des personnes avec qui j’ai eu l’opportunité de travailler. Elles ont contribué à ma volonté d’expérimenter le domaine de la réalisation et, dans un sens, de pouvoir compléter entièrement mon cursus. En effet, dans mes travaux de production ou de gestion il m'a été difficile de trouver une position artistique dans laquelle je me sente satisfaite. C'est pourquoi il m'est important de conclure mes études en épousant totalement le côté artistique d’un court-métrage.

Le sujet de mon film est la pédophilie et notamment la prise de conscience du vice.

Consciente de la complexité du sujet et de la délicatesse dont il faudra faire preuve pour le mettre en forme, je souhaite mettre en scène un pédophile en particulier qui n'est pas une représentation de tous les pédophiles. L'histoire racontée est la sienne et même s'il existe des profils similaires, chaque individu et son histoire sont différents. Le but de cette instance est de faire réfléchir le spectateur sur ce qu’il vient de voir et pourquoi pas, renverser les idées reçues avec la mise en relief d’un attrait : la culpabilité du pédophile. Dans Nymphomaniac, Lars Von Trier met en scène un pédophile (Jean-Marc Barr) dont le personnage principal du film, interprété par Charlotte Gainsbourg prend pitié. La pitié n'est pas ce que je recherche. Seulement la réalisation par le spectateur que le pédophile n'est pas toujours un personnage manichéen.

Il me tenait à cœur de parler d’un thème auquel tout le monde peut s’identifier. Même si la pédophilie est un sujet polémique qui atteint plus de monde que l'on croit (victimes, agresseurs et non-passants à l'acte), mon but n'est pas seulement de toucher ces personnes. Je souhaite que tous les spectateurs puissent se sentir affecté par le propos. Le but est qu'ils ne s’attendent pas à être confrontés au traumatisme que peut être la prise de conscience de cette maladie.

J’ai décidé d’axer la narration du film du point de vue de Victorien afin de créer un parfait antihéros, un coupable pour lequel le spectateur exprimera sans nul doute de la compassion malgré ses actes.

Dans un premier temps, je mettrai en avant la manipulation que Victorien exerce pour arriver à ses fins. En effet, il ne s’agit pas ici d’un pédophile compulsif, mais très réfléchi, qui va pleinement se servir des réseaux sociaux pour d'abord atteindre, manipuler, puis attirer sa proie. Cette façade virtuelle lui permet de faire face à ses pulsions sans entacher, aux yeux de tous, son image du père de famille moderne idéal. Victorien emmène ses victimes sur la pente glissante de la liaison amoureuse, et ce grâce à sa faculté naturelle à manier habilement les mots. Il les laisse croire à un amour passionnel bien que mal vu, un amour jugé interdit, mais à leurs yeux, totalement légitime.

Anastasia n’est que l’une des nombreuses victimes de Victorien, qui, méthodique et consciencieux, ne pense pas se voir mettre face au mur ainsi. Et c’est dans ce second temps que l’adolescente va prendre l’ascendant sur la conversation et déstabiliser Victorien, le mettant à nu dans un endroit qu’il pensait maîtriser. Anastasia prend de plus en plus d’assurance avant de révéler la vérité et de partir sans dire un mot. Ici c’est elle l’élément perturbateur, qui va permettre à Victorien de se repositionner face à son objectif et à enfin comprendre qu’il est atteint d’un vice qui va revenir le hanter toute sa vie.

Le dernier temps est consacré à la prise de conscience de la maladie par Victorien qui, effondré, va rester seul face à ses souvenirs qui le rongent dans une boucle psychologique sans fin symbolisée par le son. Mon souhait est de mettre en avant le traumatisme de la prise de conscience de la maladie de la même façon que dans « Trust » lorsque Annie se rend compte qu’elle a été manipulée et violée. J'aimerai que l’impact soit aussi important et significatif. Le monde s’effondre pour Victorien. Ses souvenirs remontent à la surface. Le son jouera une partie essentielle de cette prise de conscience.

Presque l’intégralité du court-métrage se passe dans un restaurant étoilé, un lieu où Victorien à l’habitude d’emmener ses jeunes conquêtes. Cette idée de « lieu/personnage » (car il va jouer un rôle clé) est née à la conception de la structure du scénario. En effet, nous voulions traiter leur conversation en trois grandes parties ; entrée, plat, dessert, dans un lieu qui, par défaut, devrait pouvoir impressionner une adolescente de quinze ans. De fil en aiguilles au cours de nos documentations, nous avons trouvé un tout autre intérêt pour ce restaurant : celui de mettre en parallèle la cuisine avec leur conversation, jouant sur les mots, les aspects, les couleurs mais aussi les goûts. Tout cela nous a permis d’esthétiser entièrement le propos du film autour de la cuisine et des grandes instances hôtelières. Mettre en parallèle l’amertume ou la douceur des mots avec ce que l’on peut retrouver en bouche, la méthodologie et la pratique infaillible du cuisinier ou du prédateur, la montée en pression lors du coup de feu, ou encore l’addition…

Afin d’amener ce projet à terme, nous aspirons à collaborer avec les instituts Vatel ou encore le restaurant Tetedoie afin de garder une esthétique forte et de voir la cuisine jouer un rôle primaire. Et dans un autre temps, nous souhaiterions obtenir le soutien de plusieurs associations dans la lutte de la dénonciation de la pédophilie mais aussi pour la protection des mineurs victimes d’agression ou de harcèlement. Par le biais de ce film, nous espérons également sensibiliser aux dangers des réseaux sociaux et des rencontres virtuelles.

Faustine MASINGARBE


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