KLAUS

un film de Baptiste Congard
1er assistant mise en scène
chef opérateur Camilo Baquerre
ingénieur du son
régisseur général
chef décorateur
responsable HMC

Lyon 1943, le fief de la Résistance, passe sous l’occupation allemande. Le lieutenant de la Gestapo Barbie a pour mission de la réprimer. Tortures, rafles, assassinats, tous les moyens sont bons. Demain, il aura fort à faire. « Comme tous les jours », répondrait-il en haussant les épaules.


DOSSIER DE PRODUCTION

REPERAGES

NOTE D'INTENTION

En arrivant à Lyon, ville chargée d’histoire, pour mes études, je me suis captivé pour la seconde guerre mondiale. Au fil de mes lectures et de mes recherches j’ai fait la rencontre du personnage de Klaus Barbie, un homme qui marqua à jamais son empreinte dans l’histoire de cette ville. En parallèle à ce projet, j’écris un mémoire sur le monstre humain et mes recherches alimenteront mon projet.

Le but du projet n’est pas de minimiser l’impact du personnage sur l’Histoire, ni de le défendre. Nous voulons donner un point de vue différent, montrer Klaus Barbie comme un homme qui, en toute conscience, a commis des crimes contre l’humanité. Notre projet se retrouve dans cette citation : « Car il est vain de dénoncer la monstruosité de Caligula, de Hassan ou de Staline. Ce qui nous importe n’est pas qu’ils furent monstres mais hommes justement », Jean Pierre Sicre. Les officiers de la Schutzstaffel, SS, se considéraient comme des Übermensch, la traduction en français signifie des surhommes. Le projet veut ramener Klaus Barbie à son statut d’homme décrit dans son quotidien. Personne ne nait en haïssant son voisin pour sa couleur de peau ou son appartenance religieuse.

Le court métrage aborde différents thèmes dans sa narration. Il s’agit principalement de montrer qu’on ne nait pas monstre mais qu’on le devient. Klaus Barbie n’est pas venu au monde officier de la Gestapo et criminel contre l’humanité. Si nous prenons sa biographie, nous remarquons qu’il mène une vie ordinaire jusqu’à la disparition de son père et de son frère. C’est à partir de ce moment qu’il épousera l’idéologie nazi et travaillera pour le parti. Malheureusement, son destin est similaire à celui de nombreux cadres de la gestapo. A l’image de Reinhard Heydrich qui suite à son renvoi de la marine allemande, met ses compétences au service de Himmler et de sa SS. Réussir à humaniser le boucher de Lyon (surnom donné à Klaus Barbie) est le principal défi de notre travail : le faire évoluer dans son quotidien, le montrer par exemple dans sa vie intime, prenant plaisir à charmer une femme… Bien qu’il fut monstre, il était avant tout un homme bien ordinaire. Notre souhait : que le spectateur s’identifie à Klaus Barbie pendant la première partie du récit, pour ensuite, montrer l autre facette du monstre humain. Le spectateur doit s’interroger ! Comment un homme peut avoir deux visages aussi opposés? Le spectateur doit comprendre que Barbie est devenu ce qu’il était par la conjonction de plusieurs éléments qui n’étaient pas de son propre ressort et donc, part extension, le spectateur aurai pu être à un moment ou un autre confronté à cette situation.

Après avoir décrit l’homme, nous nous attacherons donc au monstre : un homme sans pitié, sans remord utilisant la violence, multipliant les rafles. Le focus est pointé aussi sur la torture. Elle faisait partie de son quotidien. Il y prenait goût. Nous voulons montrer comment une violence inouïe, calculée, pensée peut jaillir d’un être humain. Au delà d’une simple violence physique, il exerce une violence psychologie que nous pointons dans une des dernières séquences. Cette violence est mise en parallèle avec sa vie de famille où à titre d’illustration, nous nous arrêtons sur une scène particulière ; après une énième explosion de violence, Barbie se rappelle l’anniversaire de son fils et somme sa secrétaire d’envoyer le cadeau. Comment un homme peut passer d’un père attentionné à un bourreau singulier en passant juste le pas d’une porte ou en montant dans une voiture ? C’est ce comportement qui doit bousculer le spectateur.

Le projet évoque aussi l’aspect bureaucratique de la Gestapo. Nous voulons parler de cette machine qui a industrialisé des crimes contre l’humanité. Montrer Klaus Barbie dans son bureau, c’est montrer d’où il a donné des ordres. Des ordres donnés comme une simple signature orchestrant exécutions, rafles, à l’image de celle des enfants d’Izieu.

Le médium cinéma n’a que peu d’occasion de montrer et d’aborder ce sujet focalisé sur un tel personnage , haut gradé de la Gestapo. Dans la majorité des films, les officiers de la Schutzstaffel, SS, sont décrits comme des monstres. Pourtant, quoi de mieux pour dénoncer l’idéologie que de la montrer de l’intérieur ? Les décrire ainsi, placent ces officiers au delà de l’humanité, image qu’ils tenaient tant à donner.

Dans cette optique, le court métrage est porté par plusieurs références. Tout d’abord, le récent long métrage de Cédric Jimenez : « HHhH » est visuellement le rendu que nous recherchons. Une lumière naturelle, qui ne cherche pas à styliser son sujet mais à le placer dans son époque et dans sa réalité. Visuellement, le projet se rapprochera également de « L’armée des Ombres »de Jean Pierre Melville ou encore « La Chute » d’Olivier Hirschbiegel. Pour le fond, le court métrage se rapproche de la série MindHunter, David Fincher y met en évidence le fait qu’on ne nait pas monstre mais que notre parcours, les aléas de la vie peuvent nous y conduire. Dans cette série, le réalisateur prend l’exemple de Charles Manson. Nous pouvons également citer le roman « La Mort est mon Métier» de Robert Merle où le lecteur tombe dans l’ empathie avec Rudolf Höss, chef du camp de concentration d’Auschwitz.

Le projet ne se limite pas à la réalisation d’un court métrage. Nous avons l’ambition d’organiser des projections dans différents cinémas afin de créer des débats et de vulgariser notre propos. De plus, nous aimerions diffuser le film dans des établissements scolaires afin de sensibiliser la jeunesse sur ce sujet.