KURT

un film de Corentin Masse
1er assistant mise en scène Mathilde Levesque
Chef opérateur Nicolas Bono
Scénariste Costin Ranzoni
Chargée de production Lucie Menu
directrice artistique Julia Chapot

En désaccord avec une religion qui lui a coûté bien des proches, Cyriel a disparu depuis six ans du village. Le jour où il revient enfin chercher son petit frère, il est pris au piège dans un cirque-restaurant. Ici, on tue pour le divin Kurt ou l’on meurt pour lui. Cyriel doit alors démontrer à un enfant les méfaits de la violence. Sauf que ce soir-là, il est désigné comme bourreau...

ICONOGRAPHIE


MOODBOARD

NOTE D'INTENTION

Pour Kurt , il nous est apparu logique de franchir un cap, d’oser quelque chose de nouveau pour exprimer nos idées. Même si le projet s’inscrit dans le cadre d’un projet de troisième année , il est n’est pas née pour ça . L’idée se construit et se nourrit depuis déjà quelques mois, de manière simultanée avec nos expériences, nos envies, notre mode de pensée.

La direction d’acteur m’intéressant particulièrement, je voulais depuis longtemps travailler la folie d’un personnage avec un comédien, dans l’optique d’aller chercher le plus loin possible.

Cela nous a donné envie de travailler la violence de l’image, et de comprendre ce qui la rendait violente et pourquoi cela la rendait violente. Nous en sommes venu à une conclusion , la violence ne peut pas être qu’un prétexte, elle doit servir un propos. Nous faisons rentrer beaucoup de choses en jeux dans ce court-métrage, aussi bien dans le texte que dans le sous-texte. Nous voulons créer quelque chose de fort, qui ne laisse pas le spectateur de marbre.

Une des choses qui m’a souvent pousser à la réflexion, c’est la réaction des gens vis à vis de l’horreur. Ceci n’est que mon point de vue, mais je ressens comme une certaine hypocrisie de la part de beaucoup de gens, qui détestent la violence et l’horreur mais sont les premiers à en consommer. C’est un peu comme un vice de l’être humain, qui sommeille en chacun de nous. Nous voulons tous répondre a des pulsions mais heureusement la société et sa politique nous en empêche. C’est le problème de Cyriel et qui se pose par rapport à nous, si nous étions à sa place, si nous avions la possibilité de faire du mal pour la moindre raison sans répercussion, de laisser nos pulsions prendre le dessus, le ferait-on ? Je veux montrer au spectateur son propre vice, je veux qu’il regarde ce court-métrage en pensant que c’est horrible, mais qu’il ait envie d’aller jusqu’au bout car il aime ça. Le vice humain n’est pas seulement dans notre réaction mais aussi dans la demande, la recherche du spectaculaire et du divertissement toujours plus croissante. Voilà une chose dont nous voulons parler. Jusqu’où, dans une société pas si loin de notre ère, pourrait-on aller pour assouvir notre recherche du spectaculaire ? Le spectateur en voudra toujours plus pour sortir de sa lassitude, pour que sa faim de divertissement soit stoppée pour un temps. Dans ce cirque, nous voulons retranscrire la folie de cette évolution du divertissement, par les familles qui vont au cirque comme elles pourraient le faire de nos jours, mais pour voir des gens se faire massacrer puis les manger par la suite. Un cirque-restaurant, c’est censé faire réagir, quelque chose d’aussi horrible et absurde mais qui parait normal dans ce monde futuriste.

Mais toutes ces choses-là sont régies par une autre encore plus grande, le culte voué à leur dieu « Kurt », qui prône le cannibalisme. Il y'a un énorme fanatisme religieux qui dirige toutes les actions de nos personnages. C’est cette religion qui pousse a tuer, à sacrifier pour le « bien commun ». Bien sûr ce genre de fanatisme n’existe pas que dans le futur, il existe déjà parmi nous. L’écriture à d’ailleurs commencé pendant la tuerie de la marche des anglais... Tout cela à forcément eu un impact sur nos idées et sur l’écriture. Jusqu’où nous sommes prêts à aller pour des croyances ? Les croyances ne sont-elles qu’un simple prétexte ? On se pose la question dans ce court-métrage. Nos personnages sont capables de trahir leur famille, uniquement par fidélité envers une entité mystique.

L’horreur de la chose réside dans le fait que notre protagoniste subit ce fanatisme et est forcé à tuer ou mourir en son nom, trahissant ainsi tous ses principes. Et pour se faire, il se laisse aller à ses pulsions les plus animales.